Archives pour octobre, 2011

La jeunesse

Il réfléchit les yeux en l’air :

- Il y a plusieurs choses distinctes, dit-il. Mon désir de vaincre ma mollesse et mon sentiment que j’étais redevable de cette mollesse à mes parents,et la tendance de mon corps à se laisser aller à cette mollesse. C’est drôle, vous voyez ça a commencer par la vanité, ma lutte contre l’ordre établi. Si je ne m’étais pas trouvé ridicule dans cette glace… C’est le grotesque de mon aspect physique qui m’a ouvert les yeux.

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L’éducation

- Assez long… répéta Wolf. Quel calvaire ! Seize ans…seize ans le cul sur des bancs durs…seize ans de combines et d’honnêteté alternées, – seize ans d’ennui – qu’en reste-t-il ?

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Un de plus

Un de plus

 

Un de plus
Un sans raison
Mais puisque les autres
Se posent les questions des autres
Et leur répondent avec les mots des autres
Que faire d’autre
Que d’écrire, comme les autres
Et d’hésiter
De répéter
Et de chercher
De rechercher
De pas trouver
De s’emmerder
Et de se dire ça sert à rien
Il vaudrait mieux gagner sa vie
Mais ma vie, je l’ai, moi, ma vie
J’ai pas besoin de la gagner
C’est pas un problème du tout
La seule chose qui en soit pas un
C’est tout le reste, les problèmes
Mais ils sont tous déjà posés
Ils se sont tous interrogés
Sur tous les plus petits sujets
Alors moi qu’est-ce qui me reste
Ils ont pris tous les mots les plus commodes
Les beaux mots à faire du verbe
Les écumants, les chauds, les gros
Les cieux, les astres, les lanternes
Et ces brutes molles de vagues
Ragent rongent les rochers rouges
C’est plein de ténèbres et de cris
C’est plein de sang et plein de sexe
Plein de ventouses et de rubis
Alors moi qu’est-ce qui me reste
Faut-il me demander sans bruit
Et sans écrire et sans dormir
Faut-il que je cherche pour moi 
Sans le dire, même au concierge
Au nain qui court sous mon plancher
Au papaouteur dans ma poche
Ni au curé de mon tiroir
Faut-il que je me sonde
Tout seul sans une soeur tourière
Qui vous empoigne la quéquette
Et vous larde comme un gendarme
D’une lance à vaseline
Faut-il faut-il que je me fourre 
Une tige dans les naseaux
Contre une urémie du cerveau
Et que je vois couler mes mots
Ils se sont tous interrogés
Je n’ai plus droit à la parole
Ils ont pris tous les beaux luisants
Ils se sont tous installés là-haut
Où c’est la place des poètes
Avec des lyres à pédale
Avec des lyres à vapeur
Avec des lyres à huit socs
Et des Pégases à réacteur
J’ai pas le plus petit sujet
J’ai plus que les mots les plus plats
Tous les mots cons tous les mollets
J’ai plus que me moi le la les
J’ai plus que du dont qui quoi qu’est-ce
Qu’est, elle et lui, qu’eux nous vous ni
Comment voulez-vous que je fasse
Un poème avec ces mots-là ?
Eh ben tant pis j’en ferai pas.
 

Boris Vian, Je voudrais pas crever

La vie c’est comme une dent.

La vie c’est comme une dent

 
La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenter de mâcher
Et puis ca se gâte soudain
Ca vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie.
 
 

Boris Vian, Je voudrais pas crever

 

1ère tentative

Comme il faut bien se lancer un jour, j’ai « shooté » un petit timelapse dans la torpeur de l’été. Ce n’est qu’un essai technique, destiné à faire réagir les pros. Résultat : 0 réaction.

 

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Une route chaotique

Un jour, des certitudes, un objectif, un départ. 20 ans plus tard, des doutes, des regrets et un chemin qui disparait dans la brume.