Une petite injection d’amour

Un petit livre qui se lit d’une traite, un kaléidoscope de violence, de haine, d’amour, de sexe et de liberté avalé auprès de la cheminée hivernale. Une destinée entière, de la folie angolaise à l’horreur de Mogadiscio, en passant par la grande utopie soviétique du marxisme conquérant. Un petit livre qui laisse des traces : doit on vivre de ses rêves au mépris de son bonheur, doit on porter ses valeurs jusqu’à l’essoufflement… ?

 

Andreï Makine, L’amour humain.

 

 

La Palma

Juste parce qu’elle est belle notre Terre.

« The Island » , Christoph Malin

La pluie

Я сегодня пралюсь дождём,

Чтоб в троллейбус ты сесть не смог

И пошел бы домой пешком,

Весь до нитки насквозь прамок

Буду рядом с тобой идти,

Что-то тихо тебе шептать

И безсовестно по пути

На глазах у всех обнимать,

Но никто ни чего не паймёт,

Да и ты врядли, что паймёшь,

Просто и гтоб побыть с тобой

Превратилась сегоня в дождь

 

 

Aujourd’hui je tomberai en pluie,
Afin que tu ne puisses pas t’asseoir dans le trolleybus,
Et que tu ailles à pied à la maison
Trempé jusqu’aux os.
J’irai à tes cotés,
Je te chuchoterai doucement quelque chose à l’oreille,
Et sans honte en cours de chemin,
T’éteindrai aux yeux de tous,
Mais personne ne comprendra rien.
Et même toi probablement ne comprendras rien,
Simplement pour être avec toi,
Je me suis transformée aujourd’hui en pluie.

Olga.

La femme

- Tu ne vas pas prendre cette machine tellement au tragique, dit elle. C’est tout de même une initiative qui ne vient pas de toi.

- En général, dit Wolf, quand une vie passe par un tournant, ce n’est pas elle qui l’a prémédité.

- C’est dangereux, cette machine, dit Lil.

- Il faut se mettre dans une dangereuse, ou un petit peu désespérée, dit Wolf. C’est excellent à condition de ne pas le faire tout à fait exprès, ce qui est mon cas.

- Pourquoi rien qu’un peu exprès ? Dit Lil.

- Le petit peu qu’il faut, c’est pour se répondre, si on a peur, dit Wolf, je l’ai cherché.

- C’est de l’enfantillage, dit Lil.

- Tout ce qui n’est ni une couleur, ni un parfum, ni une musique, dit-il en comptant sur ses doigts, c’est de l’enfantillage.

- Et une femme ? Protesta Lil. Sa femme ?

- Une femme, non , par conséquent, dit Wolf, puisque c’est au moins les trois.

Boris Vian, L’herbe rouge.

La jeunesse

Il réfléchit les yeux en l’air :

- Il y a plusieurs choses distinctes, dit-il. Mon désir de vaincre ma mollesse et mon sentiment que j’étais redevable de cette mollesse à mes parents,et la tendance de mon corps à se laisser aller à cette mollesse. C’est drôle, vous voyez ça a commencer par la vanité, ma lutte contre l’ordre établi. Si je ne m’étais pas trouvé ridicule dans cette glace… C’est le grotesque de mon aspect physique qui m’a ouvert les yeux.

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L’éducation

- Assez long… répéta Wolf. Quel calvaire ! Seize ans…seize ans le cul sur des bancs durs…seize ans de combines et d’honnêteté alternées, – seize ans d’ennui – qu’en reste-t-il ?

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Un de plus

Un de plus

 

Un de plus
Un sans raison
Mais puisque les autres
Se posent les questions des autres
Et leur répondent avec les mots des autres
Que faire d’autre
Que d’écrire, comme les autres
Et d’hésiter
De répéter
Et de chercher
De rechercher
De pas trouver
De s’emmerder
Et de se dire ça sert à rien
Il vaudrait mieux gagner sa vie
Mais ma vie, je l’ai, moi, ma vie
J’ai pas besoin de la gagner
C’est pas un problème du tout
La seule chose qui en soit pas un
C’est tout le reste, les problèmes
Mais ils sont tous déjà posés
Ils se sont tous interrogés
Sur tous les plus petits sujets
Alors moi qu’est-ce qui me reste
Ils ont pris tous les mots les plus commodes
Les beaux mots à faire du verbe
Les écumants, les chauds, les gros
Les cieux, les astres, les lanternes
Et ces brutes molles de vagues
Ragent rongent les rochers rouges
C’est plein de ténèbres et de cris
C’est plein de sang et plein de sexe
Plein de ventouses et de rubis
Alors moi qu’est-ce qui me reste
Faut-il me demander sans bruit
Et sans écrire et sans dormir
Faut-il que je cherche pour moi 
Sans le dire, même au concierge
Au nain qui court sous mon plancher
Au papaouteur dans ma poche
Ni au curé de mon tiroir
Faut-il que je me sonde
Tout seul sans une soeur tourière
Qui vous empoigne la quéquette
Et vous larde comme un gendarme
D’une lance à vaseline
Faut-il faut-il que je me fourre 
Une tige dans les naseaux
Contre une urémie du cerveau
Et que je vois couler mes mots
Ils se sont tous interrogés
Je n’ai plus droit à la parole
Ils ont pris tous les beaux luisants
Ils se sont tous installés là-haut
Où c’est la place des poètes
Avec des lyres à pédale
Avec des lyres à vapeur
Avec des lyres à huit socs
Et des Pégases à réacteur
J’ai pas le plus petit sujet
J’ai plus que les mots les plus plats
Tous les mots cons tous les mollets
J’ai plus que me moi le la les
J’ai plus que du dont qui quoi qu’est-ce
Qu’est, elle et lui, qu’eux nous vous ni
Comment voulez-vous que je fasse
Un poème avec ces mots-là ?
Eh ben tant pis j’en ferai pas.
 

Boris Vian, Je voudrais pas crever

La vie c’est comme une dent.

La vie c’est comme une dent

 
La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenter de mâcher
Et puis ca se gâte soudain
Ca vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie.
 
 

Boris Vian, Je voudrais pas crever

 

1ère tentative

Comme il faut bien se lancer un jour, j’ai « shooté » un petit timelapse dans la torpeur de l’été. Ce n’est qu’un essai technique, destiné à faire réagir les pros. Résultat : 0 réaction.

 

L’indécision.

Encore une plaie ouverte. Comment se donner le coup de fouet pour gravir une montagne largement à sa portée ? Une sensation tenace de l’à quoi bon investit toute les parcelles de mon cerveau lorsque je me dit : Allez en avant.

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Une route chaotique

Un jour, des certitudes, un objectif, un départ. 20 ans plus tard, des doutes, des regrets et un chemin qui disparait dans la brume.